Le ciel était bleu malgrès cet hiver glacial qui me frigorifiait, j'avançais tout doucement dans cette rue qui me tétanisait au fur et à mesure que j'avançais, elle était tellement longue que je ne m'imaginais jamais le bout, pourtant je me sentais légère , les examens de noël étaient finis et je me préparais tout doucement à ces vacances tellement désirées. J'arrivais enfin au bout de la rue, j'avais dans mon sac "Jules César" de William Sheakspear .
Il me tardait de voir cet arbre, mon arbre où je m'asseyais si souvent pour lire n'importe quel livre. J'avais hâte de commencer ma lecture.
J'avais passé combien de temps là, assise sur cette racine deux, trois heures peut-être plus, je n'en savais rien tout ce que je savais, c'était que le crépuscule commencait à tomber et qu'il était temps pour moi de rentrer.Dans un quart d'heure, j'arriverai à la maison, je pensai déjà à la chaleur du feu au charbon que papa et maman auraient recharger.
Je pris le bus, je sentais les vibrations du moteur frémirent sous mes pieds. Il avait gelé et pourtant le chauffeur roulait tellement vite qu'au carrefour près de chez moi le bus dérapa, se renversa et détruit la barricade de la prairie près du petit pont que j'empruntais lorsque j'allais voir papa sur les champs ,sur son passage.
Tout était noir autour de moi, la poussière recouvrait mon corps et ......qu' y avait-il là bas c'était....un corps celui d'une petite fille, il était maculé de sang ensuite je revins sur mon propre corps qu'étais-ce donc que ce liquide chaud même brûlant c'était ....
Ma pensée fut coupée par le hurlement de ma mère qui arrivait en courant au bout de la rue et c'est la dernière chose que je vis avant de m'évanouir enfin la dernière chose ....
Lorsque j'avais cru me réveiller pour la première fois, j'étais toujours étendue à la même place sauf que le bus et les autres passagers avaient totalement disparus et que mon corps était intact. Je ne savais plus ce qui c'était passé, tout ce qui me venait était le revers glacial du macadame sous mon corps. En essayant tant bien que mal de me relever, je vis au bout de la rue quelqun, je criai de toutes mes forces mais il ne se retournait pas, il continua à avancer mais je m'étais relevée et courais en sa direction. Je le rattrappa mais là je crois que mon coeur a bondi de ma poitrine, encore une demi-heure plus-tôt rouge de sang. C'était impossible, improbable ........c'était surnaturel. En un seul souffle, le peu qui me restait après cette course folle, je prononça ces mots : " pépèr mais enfin tu es ....mort". Pour moi, mon souhait le plus cher c'était réalisé, mon grand-père qui nous avait quitté 8 mois auparavant était revenu et c'était tout ce qui comptait.
Il m'expliqua ce qui s'était passé, mais je n'écoutais rien, je savourais seulement le plaisir de le revoir, je le pris dans mes bras comme avant puis il me dis simplement :"Viens" et je le suivis, on s'enfonça dans le couloir des urgences je le reconnaissais, j'y étais déjà venue tellement de fois.
Ma vue s'attarda, ensuite dans une pièce profonde, vitrée et là mon corps gisait apparement sans vie, en effet la réplique exact de mon corps se trouvait là mais elle, maculée de sang et de poussières, puis je continua d'avancer et je reconnu à travers un drap blanc, presque transparent , le corps de cette petite fille au trait pâle. Là sous l'effet de l'émotion je fondit en larme c'est alors que péper me dit : "maintenant tu peux choisir et je lui répondis que à quoi bon vivre si c'était pour voir mourir tous les jours les gens qu'on aime ... je lui répondis que je n'en avais plus le courage et que je me demandais si le fait d'être courageuse allait changer quelque chose dans ce monde, c'est alors qu'il me répondit: "Tu sais ma chérie, si tu avais fait d'autres choix le monde aurait été tellement moins beau et courageux ". Alors je choisis de vivre et lui demanda si je le reverrai un jour, alors il me regarda de ses yeux bleus qui renferment tout l'espoir du monde et m'adressa un sourir si large que je ne pouvais m'empêcher de sourire à mon tour ensuite je ris aux éclats, et il me dit en un souffle:" oui on se reverra". Je crois que c'est à ce moment là que je me suis réveillée.
Un mois plus tard je repris' Jules César' et m'assit à côté du colombarium qui renferme le corps de péper et reprends ma lecture là où je l'avais arrêtée en espérant qu'au détour d'une page je puisse revoir l'éclat de son regard bleu azur.